Votre maîtrise de soi est en pause-café ? Alors n’appuiez pas sur “publierer”!

Il y a quelques jours, je commente la publication d’un coach sportif qui racontait une expérience personnelle autour de l’alimentation.

Après quelques jours de restriction, il avait fini par craquer et en tirait une conclusion assez simple : mieux vaut tout consommer avec modération.

J’ai apporté une nuance. Quelques jours me semblaient un peu courts pour tirer une conclusion, le corps ayant besoin d’un certain temps pour s’adapter à un changement important.

Sa réponse m’a surprise. Le ton était franchement plus sec que ce à quoi je m’attendais. Quelques heures plus tard, il avait modifié son commentaire et adouci sa réponse.

Ce n’est pas notre désaccord qui m’est resté en tête. Nous avons parfaitement le droit de ne pas être d’accord. C’est le fait que, pendant quelques instants, ces quelques lignes avaient changé la perception que j’avais de lui en tant que professionnel.

Visiblement, il s’en était rendu compte lui aussi puisqu’il avait repris sa réponse.

C’est fou : nous pouvons passer deux heures à rédiger un post, choisir soigneusement notre visuel, relire chaque phrase et hésiter pendant cinq minutes entre deux virgules… puis écrire un commentaire en trente secondes sous le coup de l’agacement.

Et pourtant, les deux parlent au nom de la même personne et, sur un réseau professionnel, participent à l’image de la même marque.

Un commentaire fait partie de votre communication

Nous avons tendance à considérer nos publications comme notre communication officielle et les commentaires comme de simples conversations.

Sur un réseau social, cette frontière n’existe pas !

Votre commentaire est public. Il apparaît sous votre nom, votre photo, votre fonction et souvent à quelques centimètres du lien vers votre entreprise. Une personne peut parfaitement vous découvrir pour la première fois non pas grâce à votre dernier post soigneusement préparé, mais grâce aux trois lignes que vous avez laissées sous celui de quelqu’un d’autre. Et ces trois lignes peuvent déjà raconter beaucoup de choses.

Votre manière de répondre à quelqu’un qui vous contredit, la façon dont vous formulez une critique, les sujets sur lesquels vous intervenez, les personnes que vous soutenez ou encore votre capacité à reconnaître un point de vue différent participent progressivement à l’image que les autres se font de vous.

Autrement dit, votre stratégie de marque ne se met pas en veille lorsque vous appuyez sur « Commenter ».

Est-il mal d’avoir une opinion ?

Je n’aimerais surtout pas que cet article conduise à une conclusion du type : « mieux vaut ne rien commenter pour ne pas prendre de risque ».

Les prises de position en commentaire peuvent être très intéressantes, y compris lorsqu’elles suscitent un désaccord. Elles montrent votre manière de réfléchir, permettent d’apporter un autre angle et peuvent donner lieu à des échanges beaucoup plus riches. Elles peuvent même contribuer à donner davantage de relief à votre marque.

Mais attention : lorsque nous ne faisons plus vraiment la différence entre exprimer une opinion et décharger notre humeur du moment, un commentaire laissé à la hâte peut fragiliser en quelques secondes un travail de marque mené sur des mois, voire des années.

Et je le répète : je suis pour la prise de position !

Un commentaire peut être ferme sans être agressif. On peut contredire quelqu’un sans le rabaisser. On peut même reconnaître qu’on s’est trompé sans que notre crédibilité s’effondre dans la minute.

Je dirais même que la manière dont une personne gère un désaccord m’en apprend davantage sur elle que dix publications consacrées à ses valeurs et vingt « Bravo pour ce post ! ».

Les sujets sur lesquels vous intervenez parlent de vous

Il n’y a pas que le ton de voix.

Si vous commentez régulièrement des publications autour de votre métier, de vos convictions professionnelles ou des problématiques que vous connaissez bien, vous contribuez progressivement à associer votre nom à ces sujets.

À l’inverse, intervenir systématiquement sur tous les sujets qui passent dans votre fil peut rendre la lecture de votre positionnement beaucoup plus difficile.

Cela ne signifie évidemment pas qu’un compte professionnel doit devenir une vitrine aseptisée où l’on ne parle que de son métier. Nous restons des personnes, et heureusement.

Mais si vous utilisez les réseaux sociaux pour développer votre activité, il peut être utile de garder à l’esprit que l’ensemble de vos prises de parole finit par construire une image.

Et si l’émotion monte en lisant un article ou un commentaire ?

Essayez de ne pas vous mettre dans la même situation que le coach sportif !

Je ne sais pas ce qui s’est passé au moment où il m’a répondu. Peut-être avait-il mal interprété mon commentaire. Peut-être avait-il déjà reçu vingt réactions similaires. Peut-être était-il simplement de mauvaise humeur.

Peu importe, finalement. Il a réécrit sa réponse. Mais la première version avait déjà été lue et avait changé ma perception de lui.

Sur les réseaux sociaux, nous pouvons modifier ou supprimer un commentaire. Nous pouvons moins facilement effacer l’impression qu’il a laissée chez quelqu’un.

Je me suis mise une petite règle : si un commentaire me donne envie de répondre immédiatement avec beaucoup de majuscules, trois points d’exclamation et une soudaine passion pour le bouton « Publier », il mérite probablement quelques minutes de maturation.

Laissons donc notre maîtrise de soi revenir de sa pause-café !

Alors comment prendre la parole une fois calmé ?

Finalement, le même principe revient encore une fois : savoir ce que l’on veut représenter aide énormément à décider comment prendre la parole.

Si votre marque repose sur l’expertise, la pédagogie et la capacité à rendre les sujets complexes accessibles, une réponse méprisante crée immédiatement une contradiction.

Si votre positionnement assume davantage l’impertinence ou la confrontation, votre marge de manœuvre sera différente. Mais même l’impertinence possède ses limites. Une marque peut être incisive sans devenir désagréable.

L’objectif n’est pas de surveiller chaque mot avec la peur de déplaire. Une marque parfaitement lisse finit souvent par ne plus raconter grand-chose. Il s’agit plutôt de vérifier que la manière dont vous prenez position reste cohérente avec la personne ou la marque que vous cherchez à construire.

Vous ne savez pas encore clairement ce que votre marque veut défendre, ce qui la distingue ou la manière dont elle souhaite être perçue ? C’est peut-être le bon moment pour mettre tout cela à plat.

La fiche de travail « Élaboration du message clé », que j’utilise également dans mes accompagnements, peut vous aider à structurer cette réflexion. Elle est disponible gratuitement dans la rubrique Ressources, section Téléchargements.

Conclusion

Nous consacrons beaucoup d’énergie à maîtriser ce que nous publions sur les réseaux sociaux. Mais notre image se construit aussi dans des espaces que nous maîtrisons moins : les discussions, les réponses, les désaccords et les réactions spontanées.

Un commentaire n’a pas besoin d’être parfait. Il peut être vif, drôle, tranché, curieux ou critique. Il doit simplement rester cohérent avec la manière dont nous souhaitons être perçus.

Alors, la prochaine fois qu’un commentaire ou un post vous donne une envie irrépressible de répondre immédiatement, vérifiez peut-être une chose avant d’appuyer sur « Publier » :

Votre maîtrise de soi a-t-elle repris son service ?

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J’ai besoin d’être vu. - NON ! Vous avez besoin d’être retenu.

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Il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Mais vous le savez, c’est plus fort que nous.